Miscéllanées # 1

MÉMOIRE:
Je n’ai aucune mémoire des dates. Pour ne pas pallier à ce manque, je ne collectionne pas les agendas remplis de petites annotations. Je retiens le futur de tête. Le passé de mémoire.
Le vécu, c’est inscrit quelque part dans le code génétique. Voici ce que je me dis pour tenter de m’écrire une histoire.

SURVIVANT:

J’ai des souvenirs. Des souvenirs qui remontent de temps en temps. Des sensations, des fragments, des bribes de conversations dans le désordre.
Ça m’amuse de m’en rappeler, même des pires. Si je suis vivant maintenant, c’est que les événements n’étaient pas si graves et qu’ils m’ont insufflé assez de vie pour l’être encore.
J’assume. Je suis un survivant. Comme les autres.

PASSÉ:
Le passé. Je n’arrive qu’à en rire, du mien. La nostalgie, pourquoi pas. Mais elle mène inévitablement à la tristesse. Et non merci.
Prière de laisser la tristesse là où elle doit résider: dans les yeux des femmes et nos cœurs d’enfants.

MÉTRO:

Sans vouloir noircir le tableau de la vie parisienne, on subit quand même beaucoup, à Paris. En gros, plusieurs formes de misère, la connerie des gens. Mais on apprend aussi beaucoup. La patience et la tolérance.

JEU:
Je crois que le fait d’être artiste-musicien est l’aventure la plus hors du commun qu’il soit. Nous sommes censés jouer un rôle défini, en trichant le moins possible. C’est une mise en scène de soi-même. C’est au-delà de l’impudeur car personne ne nous l’a vraiment demandé.

LES DERNIÈRES SECONDES D’UN DORMEUR:
Croyez-vous que l’on puisse tirer profit aussi intensément de ses derniers instants de vie que de ses derniers instants de sommeil avant le réveil d’une horloge ? Je ne le sais pas encore, fort heureusement, mais devons-nous nous sentir condamnés dans chacun de ces cas. Avec la même envie de pleurer.

LE ROCK’N’ROLL C’ÉTAIT MIEUX AVANT:

Faux. C’est vous qui étiez mieux avant.

Vrai. Le rock’n’roll c’était ici et maintenant.

FACEBOOK:
Trouble de la personnalité narcissique.

SOURIRE:
C’est bien de sourire. Ce n’est pas bien d’avoir l’air méchant, cela fait peur aux gens. Mais ceux qui sourient à dessein de paraître gentil et doux font naître une certaine violence en moi. Voire envers moi. Mort aux sourires.

GUITARE:
Je l’utilise comme un bouclier. Dans le conflit, elle m’aide a garder le contrôle. Ce qui est supposé m’atteindre est aussitôt transformé en petites phrases mélodiques ou rythmiques. C’est de l’ordre du mouvement compulsif. Finalement ce qu’il en sort est anecdotique.

CHANTEUR:
Parfois je me retrouve dans l’impossibilité de sortir le moindre son de ma bouche. La pudeur mène à l’auto-censure. Et un jour je me retrouve face à un public à dérouler le programme. J’échappe à moi-même.

A LA VITESSE DES MOTS QUI TUENT:

On écrit avec la main qui appuie sur la gâchette. Sauf les ambidextres qui ont le choix de laisser ou non la vie sauve.

JUGEMENT:
« Comprendre et ne pas juger » comme l’a démontré Georges Simenon tout au long de son œuvre. C’est un bon conseil. A commencer par soi-même.

RETARD:
Je maudis les gens en retard. Mais je n’ai pas le courage de leur reprocher leur arrivée tardive.

ANIMAL:
Je dois avouer ceci: j’ai peur de la race animale. Je pense que les animaux sont télépathes.

MAMAN:
Les choses qui me font penser à ma mère: les poules, la Tour Eiffel, le visage de Marianne sur les timbres-poste des années 90, les écoles maternelles, Claude François, …

Publicités

Une réflexion au sujet de « Miscéllanées # 1 »

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s